Qu’est ce que la démocratie?

Pour répondre à la question «  Qu’est ce qu’est la démocratie? posée par le pianiste Nicolas Romascanu sur LinkedIn Québec, j’ai composé cette réponse :

Selon le dictionnaire « Antidote » — « Démocratie : Régime politique où le peuple exerce lui-même sa souveraineté en élisant librement les représentants du pouvoir. »

La question qui se pose pour définir la démocratie est donc triple : quel est notre degré de souveraineté, comment élire une représentation et qu’est-ce qu’un choix libre?

Selon cette définition, le Canada, par exemple, n’est donc pas une démocratie malgré sa constitution rapatriée. Les canadiens et canadiennes sont sujets de la couronne d’Angleterre. C’est cette personne, née à ce titre, qui uniquement détient la souveraineté. Bien que par l’usage, cette souveraineté soit partagée par des procédures constitutionnelles et par l’élection publique d’un parlement. La décision finale pour créer une loi requiert l’assentiment royal. La monnaie canadienne et les timbres canadiens portent le visage royal. Les poursuites judiciaires criminelles au Canada se présentent entre la couronne et l’individu accusé. Le serment que prêtent les députés nouvellement élus (fédéraux et provinciaux), de même que le serment des militaires et des policiers canadiens affirme d’ailleurs cette souveraineté royale et l’obligation de la protéger. Il suffirait qu’un(e) despote accède au trône pour démontrer effectivement le peu de cas de la valeur de la souveraineté du peuple. La monarchie constitutionnelle offre l’apparence d’une démocratie.

Ce qui nous amène à la question de représentation qui dérive du mode de scrutin. Pour continuer avec notre exemple canadien, comment un parti peut-il former un gouvernement majoritaire alors que près de 70% des citoyens canadiens ayant exercé leur droit de vote ont effectivement voté pour un autre parti lors des dernières élections fédérales? Le mode de scrutin présentement en usage au Canada a été conçu afin justement d’éviter une représentation des intentions de la majorité en étant fractionné en petites unités appelées comtés. Selon la formule diviser pour régner. C’est pourquoi le Mouvement pour une Démocratie Nouvelle (au Québec) et le mouvement One Vote [une erreur de nom, corrigée ci-dessous]  (au Canada) proposent depuis plus de trente ans un révision du mode de scrutin en deux parties : une élection de députés selon le mode actuel comtés par comtés, couplé à l’élection d’un nombre de députés selon le pourcentage total de l’expression du vote populaire sur l’ensemble du territoire. Ce double vote permettrait à chaque électeur et électrice de choisir à la fois un(e) candidat(e) local(e) et un parti global. Le tout permettrait une meilleur représentation des intentions populaires et donc au peuple d’exercer l’expression de sa souveraineté.

Finalement, il reste la question du libre choix. Question très pertinente si l’on pense aux scandales des appels informatisés destinés à prévenir le vote de certains électeurs et électrices qu’auraient utilisé certaines formations politiques lors des dernières élections, tant au Canada qu’aux États-Unis. Question pertinentes si l’on considère les financement illégaux, les dépenses électorales illégales et autres manipulation électorales révélées par plusieurs enquêtes publiques, sans compter sur ce qui n’a pas encore été révélé… Comment s’assurer que l’électeur ou l’électrice puisse effectuer un choix en toute connaissance de cause? Un choix libre de contraintes?

La démocratie n’est pas une notion simple. De nombreux peuples de par le monde tentent d’y accéder, souvent au péril de leurs vies.

J’y ai ajouté une similitude avec :

@Nicolas — Puisque vous êtes pianiste, permettez moi d’ajouter une note légère sur une partition musicale reliée à cette expression de ce qu’est la démocratie. 😉

Un peuple est comme une partition. Un ensemble de notes différentes. Notes organisées en petits groupes, en sections, en mouvements. Il y en a avec de voix graves ou bien pointues. Qui ont une portée limitée ou plus soutenue. Il y en a formant des expressions allègres, d’autres modérées et d’autres plus silencieuses. Car le silence fait partie de l’ensemble.

Cette partition nécessite des interprètes qui selon leur lecture de l’intention de chaque note et de chaque groupe de notes permettra d’offrir un ensemble de portraits collectifs qui réunit sous la direction du (ou de la) chef interprète permet d’offrir un seul ensemble cohérent de ce portrait collectif avec ses assonances, ses dissonances et même ses fausses notes.

Ce qui demeure à déterminer, ou du moins ce qui pose une question existentielle fondamentale , demeure la nature même du compositeur de cette partition.

J’ai plus loin apporté un correctif au texte original :

@Nicolas et @ Guy — Je n’ai jamais représenté l’orchestre comme le modèle de la démocratie. Cette interprétation erronée est due à Nicolas. J’ai comparé la nation, ou plutôt l’ensemble du peuple d’une nation, à une partition qui elle serait interprétée par des musiciens et un ou une chef d’orchestre (les députés(es) et premier(ère) ministre/président(e)).

De plus, relisant mon texte original, j’aimerais y corriger une erreur et ajouter des liens :
L’organisme pancanadien qui défend la représentation équitable se nomme Fair Vote plutôt que One Vote. On peut retrouver sa section francophone au http://www.fairvote.ca/fr, alors que le Mouvement pour une Démocratie Nouvelle se trouve au http://www.democratie-nouvelle.qc.ca.

Finalement, en tant qu’entrepreneur, je sais trop bien qu’il faut parfois se fier à une vision qui souvent n’est pas perçue par la majorité des gens qui nous entourent. C’est alors que les qualités de leadership deviennent essentielles afin de pouvoir transmettre cette vision et de pouvoir motiver ceux et celles qui sont à même de nous aider à la concrétiser.

Et pour répondre à un commentaire qui mentionnait que la démocratie est un jeu :

@Kassimo — Je ne crois pas que les Égyptiens et Égyptiennes d’aujourd’hui prennent la démocratie et les droits de la personne pour un jeu. Pas plus que les Syriens et Syriennes, ou bien que ces hommes et ces femmes en Inde qui s’insurgent contre les abus massif du droit à l’intégrité des femmes, dans ce pays ou des millier de femmes sont violées, mutilées et assassinées chaque année (http://genderbytes.wordpress.com/tag/news).

Pas un jeu non plus pour ceux et celles qui sont emprisonnés parce qu’ils et elles ont osé exprimer publiquement une opinion qui n’était pas celle des dirigeants de leur pays et pour lequel Amnistie Internationale organise une campagne de soutien chaque année (http://www.amnistie.ca).

Toutes ces questions, et bien d’autres, des plus simples aux plus complexes, font partie du débat public de ce qu’est la démocratie. Débat qui maintenant, grâce à l’internet, qui pour le moment n’appartient à personne, est donc accessible au public en général et non plus qu’à une seule élite instruite ou gouvernante.

Du débat sur la meilleure façon d’exercer la souveraineté. La meilleure façon de créer une représentation équitable. Et la meilleure façon de s’assurer le libre choix en toute connaissance de cause. Sont parmi des éléments clés de ce débat.

« Rien n’arrête une idée dont le temps est venu! » Victor Hugo

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Directeur général Association pour la création littéraire chez les jeunes « Permettre aux jeunes personnes de s'approprier leur littérature. »

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Publié dans Démocratie, Droit de parole, Vote équitable
2 comments on “Qu’est ce que la démocratie?
  1. Bonjour – quelques petites précisions. La lutte pour obtenir un nouveau mode de scrutin pour le Québec dure depuis plus de 40 ans de manière organisée (et il y a des traces plus anciennes).Le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) est le premier parti politique québécois (1962) à prendre position en faveur de la représentation proportionnelle. Quant au Canada, je crois que c’est plus récent (mais ce serait à vérifier). Le Mouvement pour une démocratie nouvelle et Fair Vote Canada (Mouvement pour une représentation équitable au Canada) sont nés en 1999 pour le MDN et en 2000 pour FVC-MREC. Chacune à son niveau, elles sont les plus anciennes organisations non-partisanes à travailler sur le sujet. En terminant, le MDN propose depuis 2010 un modèle proportionnel mixte compensatoire assorti de mesures pour améliorer toutes les facettes de la représentation. Il s’agit d’une base de travail pour discussion avec le gouvernement et qui répond aux objectifs du MDN: obtenir un mode de scrutin qui soit respectueux de la volonté populaire, permette une représentation égale entre les femmes et les hommes, incarne la diversité ethnoculturelle québécoise, permette l’expression et l’exercice du pluralisme politique, et attribue une juste place aux régions. En d’autres mots: respecter la population et ses idées. Quant à FVC-MREC, il ne propose pas encore de modèle en particulier, mais il vise les mêmes objectifs que le MDN.
    Merci. Mercédez Roberge présidente du MDN de 2003 à 2010.

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